... parce que l'erreur est humaine
La nouvelle orthographe
Questions / Réponses
Qu'est-ce que la nouvelle orthographe ?
Le 19 juin 1990, il y a donc près de vingt ans, l'Académie Française adopte une liste de rectifications orthographiques présentées par le Conseil supérieur de la langue française. Cette liste constitue une recommandation officielle, non une obligation.
Pour connaître le contenu de cette réforme, on pourra se référer au rapport disponible à l'adresse suivante : http://www.academie-francaise.fr/langue/orthographe/plan.html, ou se rendre sur la page de Wikipédia consacrée au sujet : http://fr.wiktionary.org/wiki/Annexe:Rectifications_orthographiques_fran%C3%A7aises_de_1990
Qui utilise la nouvelle orthographe ?
Très peu de français, pour ne pas dire aucun. Par contre la réforme a mieux été prise en compte dans les pays à minorité francophone, comme la Belgique, la Suisse ou le Canada. En Belgique, une directive ministérielle de septembre 2008 invite les enseignants à prendre en compte la nouvelle orthographe et certains journaux ont des éditions en ancienne et en nouvelle orthographe.
Pourquoi la réforme n'est-elle pas prise en compte ?
Le français est une langue à l'orthographe difficile. Certaines graphies complexes comme "eczéma", "barcarolle" ou "dentellière", ont demandé parfois des années à être mémorisées. Il est compréhensible qu'après tant d'efforts, beaucoup soient rétifs à mémoriser de nouvelles formes, même simplifiées (par exemple "exéma"). Or les graphies sont un support de lecture et de réflexion. Comme les fautes, les graphies non traditionnelles perturbent beaucoup de lecteurs.
Notons également que les dictionnaires courants ne proposent que très rarement les graphies modifiées. Quant aux professeurs, du moins en France, ils ne l'enseignent pas.
La nouvelle orthographe est-elle simplifiée ?
La nouvelle orthographe obéit à des principes de simplification. Malheureusement la langue résiste à ces simplifications. Ainsi la nouvelle orthographe supprime le 'û' mais comme cela provoque l'apparition de nouvelles homophonies, elle propose de le conserver pour "dû", "mûr", "sûr" et "jeûne", ainsi que pour les formes verbales "fût", "fûmes" et les terminaisons de passé simple et imparfait du subjonctif. Par contre les formes plurielles et féminines de "mûr" (murs, mure, mures) et "sûr" (surs, sure, sures) ne doivent pas comporter l'accent, créant ainsi de nouvelles ambiguïtés. Sur un corpus d'un milliard de mots, on a pu ainsi calculer que 37% des "û" restaient en place pour 63% de disparitions. La simplification n'est donc pas toujours au rendez-vous ! Notons également que "douceâtre" se transforme en "douçatre" mais que "rougeâtre" reste tel quel...
Qui est contre la nouvelle orthographe?
La nouvelle orthographe a soulevé d'innombrables critiques. Les écrivains ont été à la pointe du combat contre les graphies rectifiées mais c'est le syndicat des correcteurs, en passant la réforme au crible, qui en a fait la critique la plus complète ("Traits d'union, anomalies et cætera, Syndicat des correcteurs, édition Climats, 1991"). Le fait qu'il s'agisse d'une recommandation et non d'une norme a définitivement enterré cette réforme.
Qui est pour la nouvelle orthographe ?
Très peu de personnes en France, si l'on en croit la polémique lancée en septembre 2009 lors de la sortie de l'ouvrage "Zéro faute" de François de Closets, catalogué d'ailleurs un peu vite comme partisan de la réforme alors qu'il estime qu'il est de toute façon trop tard.
Dans les pays francophones, un collectif d'associations "Renouvo" (http://www.renouvo.org/) effectue un intense lobbying pour accélérer l'application de la nouvelle orthographe.
Et les correcteurs informatiques ?
Soumis à l'intense lobbying du Renouvo et pour éviter que le concurrent ne dispose d'une option qu'ils ne possèdent pas, tous les correcteurs informatiques prennent en compte la nouvelle orthographe. Mais comme il s'agit d'une recommandation et sachant que les textes légaux stipulent que les graphies traditionnelles et rectifiées sont toutes deux acceptables, tous proposent soit l'orthographe traditionnelle, soit la nouvelle orthographe, soit les deux. Cette dernière option est particulièrement absurde car elle revient à accepter un mélange entre graphies anciennes et rectifiées... mis il est vrai qu'elle peut être commode pour qui a oublié un accent circonflexe ou un trait d'union !

